Le massage fondamental auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle
- Luminaissens Bien-être
- 14 juil.
- 10 min de lecture
Comment accompagner des personnes en situation de déficience intellectuelle quand les mots
manquent ? Et si le massage devenait un outil relationnel à part entière, au service du lien
humain ?

Comment accompagner des personnes en situation de déficience intellectuelle quand les mots manquent ? Et si le massage devenait un outil relationnel à part entière, au service du lien humain ?
Il y a deux ans, j’ai rencontré une jeune femme fortement entravée dans sa communication : des difficultés d’élocution associées à une barrière linguistique rendaient l’échange verbal quasi impossible, elle semblait souvent absente, perdue dans ses pensées, avec un regard à la fois triste et vide. Intuitivement, j’ai senti que les mots n’étaient pas la bonne voie pour entrer en relation. Alors, je lui ai proposé un massage des mains, en lui présentant simplement une crème hydratante, mimant mon intention avec douceur. Elle m’a regardée brièvement, puis a acquiescé d’un signe de tête. J’ai alors posé mes mains sur les siennes, et j’ai commencé à masser lentement. À peine quelques secondes plus tard, elle a fondu en larmes. Ce moment a été pour moi un déclic profond. J’ai saisi avec une clarté nouvelle la puissance d’un toucher juste, respectueux, silencieux. À la fin de la séance, elle m’a prise dans ses bras.
Ce jour-là, j’ai compris qu’un simple geste pouvait ouvrir une brèche, là où les mots ne passent plus.
Comprendre la déficience intelletuelle
La déficience intellectuelle désigne un trouble du développement cognitif qui affecte les fonctions intellectuelles et les comportements adaptatifs d’une personne. Elle se manifeste par des limitations significatives dans les apprentissages, la communication, l’autonomie ou encore les interactions sociales. En France, on estime qu’environ 700 000 personnes sont concernées. Ce chiffre nous rappelle combien il est essentiel de penser des formes d’accompagnement respectueuses, diversifiées et ajustées aux besoins spécifiques de chacun.
Si ces définitions permettent de poser un cadre, elles ne disent rien de la personne elle-même. Elles ne rendent pas compte de la richesse intérieure, des subtilités sensorielles, ni de la capacité relationnelle, souvent insoupçonnée, des personnes concernées.
Sur le terrain, la déficience intellectuelle ne se résume pas à des limitations : elle s’incarne dans des visages, des histoires, des sensibilités uniques.
Cela fait maintenant huit ans que j’accompagne des enfants, des adolescents et des adultes porteurs de déficience intellectuelle, d'autisme ou de trisomie, avec ou sans troubles du comportement associés, dans un Institut Médico-Éducatif. Ces années m'ont appris à voir au-delà des diagnostics, à écouter autrement, à reconnaître que le corps, les gestes, les silences sont parfois les seuls canaux d’expression disponibles.
J’ai aussi compris que le bien-être corporel est une dimension trop souvent négligée dans l’accompagnement de ces publics.
Pourquoi le toucher est si peu proposé aux personnes en situation de handicap ?
Les priorités institutionnelles se concentrent généralement sur des objectifs fonctionnels ou éducatifs, laissant peu de place aux approches sensorielles ou relationnelles centrées sur le corps. Bien sûr, certaines pratiques comme la kinésithérapie, la psychomotricité, la balnéothérapie ou le sport adapté sont présentes dans les établissements, mais elles relèvent souvent d’approches très conventionnelles, médicalisées ou axées sur des objectifs précis de rééducation. Le massage, en tant que pratique libre, relationnelle et non prescriptive, reste encore peu intégré dans les dispositifs d'accompagnement. Le toucher, en particulier, reste un terrain sensible, parfois tabou. Les professionnels manquent souvent de repères ou de formation pour l’aborder avec justesse. À cela s’ajoutent des contraintes concrètes : manque de temps, de personnel, de lieux adaptés. Autant de freins à l’intégration de pratiques comme le massage.
Mais il existe aussi une réalité plus silencieuse : beaucoup de personnes ayant une déficience intellectuelle ne formulent pas spontanément de demande de massage, non pas par manque d’envie, mais parce que cette possibilité n’existe tout simplement pas dans leur univers mental. L’accès aux ressentis, aux envies, à l’expression de soi est souvent altéré par des limitations cognitives ou des particularités neurologiques. Identifier un besoin, le verbaliser, imaginer une réponse et pouvoir la demander : autant de processus complexes qui ne vont pas de soi.
C’est justement en proposant, en suggérant, en créant un cadre accessible et sécurisant, qu’un désir de prendre soin de soi peut émerger.
Être touché avec respect, être reconnu autrement que par ses troubles, c’est aussi une forme de reconnaissance profonde.
Le massage fondamental : une approche intuitive et humaine
C’est dans cette dynamique que ma passion pour le massage et la reconnexion au corps m’a menée à la formation en massage fondamental à l’école Kendreka. Ce cursus m’a permis d’explorer une approche profondément respectueuse, centrée sur la qualité de présence, l’écoute fine, et l’adaptabilité du geste.
Loin d’une suite de manœuvres techniques figées, le massage fondamental repose sur une pratique intuitive, inspirée des traditions du massage californien, suédois, et enrichie par des méthodes plus sensibles comme le massage biodynamique, le travail du tissu conjonctif, le massage crânien, entre autres. Ce n’est pas une méthode appliquée à une problématique, mais une rencontre avec l’être humain dans sa globalité. Et c’est précisément cette posture que je cherche à transposer aujourd’hui auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle.
Avant cette formation, j’abordais le toucher avec prudence, parfois même avec réserve. Je craignais de “mal faire” ou de franchir une limite dans cette fameuse distance professionnelle que nous sommes censés maintenir en tant qu’éducateur. La formation m’a permis de me réconcilier avec ce langage du corps. J’y ai appris à ne pas chercher à « faire bien », mais à me rendre disponible, présente, et à m’autoriser à écouter mon intuition. Cette transformation a été autant personnelle que professionnelle.
Le toucher : une forme de communication à part entière
Le toucher, c’est bien plus qu’un simple geste. Ashley Montagu l’avait déjà exprimé dans La Peau et le toucher (1988) : la peau est notre premier organe de communication. Pour ceux dont l’expression verbale est limitée ou altérée, il devient un langage silencieux, une voie de lien.
Tiffany Field, chercheuse en psychologie du développement, a montré que le toucher pouvait avoir des effets thérapeutiques notables sur le stress, la dépression, la régulation émotionnelle, et l’interaction sociale. Dans mon quotidien, je retrouve cette réalité :
le massage devient un point d’ancrage, une forme de régulation douce, une manière d’être là pour l’autre.
Mais chaque personne est unique. Ces différences me rappellent que le toucher n'est jamais neutre, et que c’est dans cette diversité sensorielle que réside toute la richesse de l’accompagnement. Ce sont ces contrastes qui m’invitent à affiner sans cesse ma présence, à ajuster mes propositions, à observer et à accueillir chaque détail comme une forme de communication. C’est dans cette logique que j’ai appris à écouter autrement.
Apprendre à écouter autrement
Je me souviens d’une de mes premières séances avec un jeune homme très agité. Il a accepté que je lui masse les mains. Dès que mes doigts ont effleuré sa paume, il a laissé échapper un soupir de soulagement et s’est enfoncé dans son siège. Ce simple geste m’a profondément marquée. J’ai compris que la présence, plus que la technique, était le véritable vecteur du lien.
Les séances varient énormément. Parfois le toucher est accueilli, parfois refusé. Il faut accepter ces mouvements sans les vivre comme des échecs. Le refus fait partie du processus. Winnicott écrivait dans Jeu et réalité que l’espace potentiel est essentiel : un espace libre, sans pression.
Le massage comme repère corporel
Sur le plan physiologique, le massage aide à restaurer la perception des limites corporelles. Il permet une meilleure localisation dans l’espace, soutient l’estime de soi, et contribue à la construction d’une image corporelle sécurisante. Cela résonne particulièrement avec les besoins des personnes ayant une déficience intellectuelle, pour qui les repères corporels sont parfois flous ou fragmentés. Dans leur quotidien souvent marqué par les gestes fonctionnels, médicaux ou éducatifs, le massage offre une approche différente :
un moment sans enjeu de performance, un espace pour se sentir exister autrement, dans une sensation d’unité.
Il devient alors évident de proposer ce type d’accompagnement à ce public, tant les bénéfices observés sont concrets et durables. Boris Cyrulnik, dans Un merveilleux malheur, évoque le pouvoir réparateur d’une attention corporelle respectueuse : elle peut soutenir les processus de résilience, c’est-à-dire la capacité à se reconstruire et à retrouver un équilibre chez des personnes parfois fragilisées dans leur rapport au corps.
Dans cette perspective, l’apport de Martine Massé (Le toucher dans la relation d’aide) a été précieux. Elle insiste sur le respect de l’espace de l’autre, le consentement, la lenteur, la qualité d’intention. Cela m’a amenée à expliciter le cadre : expliquer ce qu’est un massage, le déroulé possible, les droits à dire non, à interrompre, à guider. Même sans mots. Je demande la permission à chaque étape : « Est-ce que je peux poser ma main ici ? », « Est-ce que cette pression te convient ? ». Cette approche permet une réappropriation du corps.
Le massage n’est plus une intervention imposée, mais un espace à ressentir et à choisir.
Adapter le massage à chaque sensibilité sensorielle
Pour s’ajuster à ces singularités, la durée des séances était de 15 à 45 minutes en moyenne. Cela respecte les seuils de concentration et la tolérance sensorielle. J’ai aussi appris à cibler les zones : mains, épaules sont souvent préférées. Le dos ou les jambes nécessitent une relation plus installée.
J’apporte toujours trois huiles : une neutre, deux parfumées. Ce détail est en réalité crucial. Beaucoup de personnes avec déficience intellectuelle présentent une dysrégulation sensorielle : leur cerveau traite les informations sensorielles, tactiles, auditives, olfactives, visuelles, de manière différente. Certains sont hypersensibles : un effleurement, une odeur subtile ou une lumière tamisée peuvent être perçus comme trop intenses, voire envahissants. D'autres, au contraire, sont hyposensibles : ils ont besoin de stimulations plus marquées pour ressentir leur corps ou être apaisés. Ces variations s’expliquent en partie par des particularités neurologiques affectant l'intégration sensorielle, c’est-à-dire la manière dont le cerveau reçoit, trie, organise et répond aux stimuli de l’environnement. Chez certaines personnes, ces processus sont altérés, ce qui rend leur perception du monde différente, parfois déroutante pour les autres, mais très réelle et concrète pour elles. C’est pourquoi je propose systématiquement un choix d’huiles, non seulement pour leur texture ou leur odeur, mais parce que cela me permet d'observer les réactions, de recueillir leurs préférences, parfois changeantes d’une séance à l’autre. Une odeur qui apaise un jour peut déranger le suivant. De même, je veille à limiter les sources de stimulation visuelle ou sonore pendant la séance : lumière douce, environnement épuré, volume sonore modéré ou musique absente.
L’environnement doit parfois aussi être épuré : lumière douce, peu de stimulations visuelles ou sonores. Ces attentions permettent un apaisement sensoriel et une détente possible.
Le corps devient un point d’ancrage fiable.
Le choix, même dans les petites choses
Je propose toujours des choix : « Tu préfères que je masse ta main ou ton épaule ? », « Avec ou sans huile ? » Ce sont de petits gestes d’autonomie, qui restaurent un sentiment de contrôle. Et quand la réponse est non verbale, je me fie à l’observation : un regard, une tension qui lâche, un mouvement d’approbation.
J’utilise aussi des pictogrammes : Cela permet à ceux qui ne peuvent pas parler ou qui ont des difficultés de compréhension de désigner ce qu’ils souhaitent, de montrer où ils ont mal ou, au contraire, de signaler les zones qu’ils ne veulent pas toucher. Je m’appuie aussi sur ces supports pour être sûre d’être comprise lorsque je m’exprime ou que j’utilise certains termes. Ces supports offrent une forme de dialogue universel, facilitant l’expression de chacun. Et quand le choix est trop complexe, je me fie à mon intuition, à la qualité du silence, au corps qui me parle autrement.
Certains gardent les yeux ouverts pendant toute la séance. Cela m’a d’abord déstabilisée. Puis j’ai compris : pour certains, fermer les yeux est anxiogène. D’autres veulent rester pleinement conscients.
Le relâchement ne prend pas toujours la forme qu’on imagine.
Je repense notamment à une séance avec un homme accueilli en foyer de vie. Dès le début, il posait en boucle les mêmes questions : "C’est quand le repas ?", "Tu sais où est mon copain ?", "C’est quoi demain ?". Ces questions faisaient partie de son quotidien, comme un rituel verbal rassurant. J’ai commencé par lui masser la tête, tout en répondant systématiquement à ces interrogations. Au bout de quelques minutes, au milieu de son flot de paroles, j’ai entendu un "stop". J’ai immédiatement verbalisé : "Tu veux que j’arrête de te masser la tête ? Je peux te masser le dos si tu veux ?" Il m’a répondu "oui", et j’ai poursuivi le massage sur une nouvelle zone. Un peu plus tard, le même scénario s’est répété. Toujours entre deux questions, un nouveau "stop" a émergé. Je lui ai alors demandé s’il voulait que je masse ses jambes et ses pieds, ce qu’il a accepté.
Lorsque j’ai commencé à travailler les zones plantaires, à exercer des pressions douces inspirées de la réflexologie, tout s’est arrêté. Le flot de paroles s’est tu. Il s’est laissé aller. Au bout de quelques minutes, il s’est endormi. J’ai compris alors que c’était cette zone-là, ses pieds, enfermés quotidiennement dans des bottes orthopédiques, qui portaient une mémoire, une tension, un besoin. Ce moment m’a profondément marquée : il m’a rappelé l’importance d’écouter les signaux, même discrets, et de reconnaître que le chemin vers le relâchement peut être détourné, imprévisible mais toujours juste.
Repenser ce qu’est une séance « réussie »
J’ai aussi été surprise par les personnes qui parlaient beaucoup, parfois sans interruption. Là où j’imaginais qu’un massage devait inviter au silence, à l’intériorité, à la focalisation sur les ressentis physiques, je me retrouvais face à des personnes qui commentaient tout, ou entamaient des conversations sans lien direct avec ce qui se passait. Là encore, mes repères ont vacillé. Mais en tant qu’éducatrice spécialisée, j’ai pu faire le lien : pour certains, parler est une manière de rassurer, de combler un vide anxiogène ou de se sécuriser par la répétition. Certains ont besoin de poser leurs mots pour se sentir entendus. D’autres manifestent simplement une joie spontanée, difficile à contenir, surtout quand ils découvrent ce type d’attention corporelle pour la première fois. Plutôt que de chercher à recadrer, j’ai choisi de nourrir ces échanges avec douceur, en les accompagnant vers le corps. Par exemple, je glissais doucement des phrases comme : « Tu sens mes mains appuyées sur tes épaules ? », « Tu sens comme elles se relâchent ? ». Cela permettait d’ouvrir un espace d’attention, sans imposer un cadre rigide.
J’ai appris à suggérer, à inviter, à accompagner, sans jamais forcer.
Il arrive aussi que la personne ne sache pas dire ce qu’elle ressent. En ayant pourtant accepté la proposition d’un massage, mais semble hésitante ou confuse, je prends le temps de lui présenter simplement chaque élément : l’huile, la table, la lumière, la musique. Je propose qu’elle touche, sente, regarde. Je rappelle à chaque étape qu’elle peut arrêter quand elle veut, que c’est elle qui décide. Quand les outils de communication visuelle ne suffisent pas, je propose un début de contact très progressif. Je demande : « Est-ce que je peux masser ta main ? » S’il n’y a pas de réponse claire, je m’approche lentement, en maintenant un contact visuel. J’observe attentivement : un regard, un micro-mouvement, une absence de recul peuvent me guider. J’avance ainsi par petits pas, dans une forme d’accord tacite.
Peu à peu, certains découvrent leurs préférences : « Je veux que tu masses ma tête, mais je reste habillé ». D’autres expriment un choix dès le départ. Et quand la communication est grandement entravée, la famille, les professionnels et les soignants sont de précieuses sources d’informations.
Adapter les postures, inventer des gestes
J’ai également rencontré des situations où des difficultés physiques limitaient fortement les postures habituelles. Certaines personnes ont développé des rigidités, des déformations, ou simplement une posture douloureuse. Monter sur une table, se retourner, s’allonger à plat ventre : autant de gestes qui deviennent impossibles. Dans ces cas, j’ai adapté ma pratique : massage sur chaise, en position semi-allongée, sur un matelas au sol… toujours en cherchant le confort de la personne d’abord. Cela m’a demandé de réinventer certains gestes, de sortir du protocole appris. Et c’est là que la formation en massage fondamental a été un vrai soutien : elle m’a offert des outils pour créer, ressentir et improviser. Je me souviens d’une séance particulièrement marquante avec une jeune femme souffrant de tremblements et d’une hypertonie musculaire. Ses membres étaient rigides, tendus, presque inaccessibles. Impossible d’effectuer les mouvements appris. Alors j’ai posé mes mains, simplement, avec une intention de rassemblement. Je suis restée dans l’écoute, zone par zone, en m’appuyant sur les bases du massage biodynamique. Ce moment m’a permis d’expérimenter et de constater les bénéfices de cette pratique peu répandue.
Il n’y avait presque pas de geste, mais il y avait une présence.
Adapter, c’est parfois improviser, sortir du cadre, et faire confiance à ce que l’instant appelle. Cette créativité est l’un des piliers de ma pratique. Elle m’amène à ne jamais reproduire une séance à l’identique, mais à créer à chaque fois une réponse singulière à une situation unique.
Créer des repères et ritualiser pour sécuriser
Dans une optique de suivi, et pour aider les personnes à se situer dans leur ressenti, j’ai aussi mis en place un petit rituel visuel : en début de séance, je leur propose de choisir une couleur ou un pictogramme pour exprimer leur état émotionnel. Je renouvelle cette étape à la fin. Cela me permet d’observer des évolutions, de recueillir leur retour autrement que par des mots, et d’ajuster encore ma pratique. Ces outils simples permettent aussi de les rendre acteurs, dans la mesure de leurs possibilités. C’est cela aussi, pour moi, le cœur du massage fondamental.
Une pratique, une transformation
Lorsque j’ai commencé la formation à Kendreka, je cherchais des outils pour enrichir ma pratique éducative. Mais j’ai découvert bien plus qu’un apprentissage technique. J’ai découvert l'art de la présence, une relation sensible et une voie de transformation.
Le massage est devenu pour moi un chemin de lien direct, sans détour, vers ce que la personne a de plus authentique. Il honore le corps, mais aussi l’être tout entier.
Il permet de dépasser les diagnostics, les étiquettes, et de rencontrer la personne dans ce qu’elle a de plus sensible, parfois invisible.
Pour conclure : une rencontre humaine
Cette pratique m’a transformée aussi. Elle m’a appris à ralentir, à écouter autrement, à faire confiance au silence. Elle m’a rappelé que la relation commence dans la qualité d’attention que l’on porte à l’autre.
Les défis sont nombreux, mais chaque séance est une opportunité. Il ne s’agit pas de réussir un massage, mais d’être là. Ce n’est pas un luxe, mais un droit : celui d’être touché avec respect, d’être reconnu et vu. Et c’est ce que je désire continuer à défendre : rendre accessibles à tous des pratiques liées au bien-être, dans le respect, la dignité et l'écoute de chacun. Je souhaite que cette approche du toucher puisse se diffuser davantage dans les lieux d’accompagnement, non comme une option accessoire, mais comme une voie d’accès essentielle à la relation. Ce que je constate chaque jour,
c’est que lorsque le corps est écouté, c’est toute la personne qui se sent exister.
Rédigé par Lydie de Luminaissens
Bibliographie
- Cyrulnik, B. (1999). Un merveilleux malheur. Paris : Odile Jacob.
- Field, T. (2001). Touch. Cambridge, MA : MIT Press.
- Massé, M. (2012). Le toucher dans la relation d’aide : Pour une approche éthique et
respectueuse. Lyon : Chronique Sociale.
- Montagu, A. (1988). La peau et le toucher : Un premier langage. Paris : Seuil.
- Winnicott, D. W. (1975). Jeu et réalité : L’espace potentiel. Paris : Gallimard.
- École Kendreka. https://www.kendreka.com
- INSERM. (2023). Déficience intellectuelle : données et repères actuels.




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